Le Ferrando

Localisation :43°03’88’’N – 06°13’66’’E
Au milieu de la Baie d’Hyères à environ 4 kms du Cap des Mèdes
de l’île de Porquerolles.
Type épave/site
Profondeur minimum
Profondeur maximum
Charbonnier
23 mètres
26 mètres
Difficulté de la plongée
Intérêt faune et flore
Intérêt épave/site

Historique de l'épave :

Le Ferrando était un charbonnier anglais construit en 1888 et appartenant à la Compagnie Hetherington. Il jaugeait 1333 tonneaux. Le 26 juillet 1893 le Ferrando fait route sur Gênes avec à son bord vingt-cinq matelots et deux passagers. Alors qu’il emprunte la petite passe de Porquerolles, il croise la route de l’Escadre Navale composée de dizaines de navires lancés à toute vapeur.

Le commandant du Ferrando commet alors une énorme erreur d’appréciation qui va conduire son navire à sa perte. Son estimation de la vitesse de l’Escadre est erronée, et il se retrouve perpendiculaire à celle-ci. Le Cosmao l’évite de justesse, puis l’irréparable arrive, l’Amiral Cécille l’éperonne et le coule. Les 27 personnes à bord du Ferrando furent sauvées et recueillies par le Faucon et le Wattignies.

 


Schéma : Urs Brunner

Description :

Le site est protégé des vents modérés par la presqu’île de Giens et l’île de Porquerolles. Un mouillage est conseillé avec descente et remontée le long de celui-ci, plutôt qu’une récupération au parachute en pleine eau. Car comme pour le Ramon Membru, il faut se méfier de la circulation des bateaux dans la rade d’Hyères qui est très importante. Dans la catégorie des « tas de tôles », le Ferrando rejoint le Ramon Membru et le Prophète.

L’épave est disloquée, et il est difficile de reconnaître les différentes parties de ce charbonnier. La poupe est identifiable par le gouvernail qui y est toujours accroché. L’hélice quant à elle a disparue. En direction de la proue il faut se méfier des restes de filets et autres câbles qui tendent vers la surface. L’ensemble des superstructures du Ferrando s’est effondré sur tribord en un tas de ferraille informe.

Le pont n’est plus visible. La cargaison de charbon, comme les briques sur l’Espingole, est toujours présente, étalée des deux côtés de l’épave. A l’avant les ancres et treuils ont disparus. Peut-être sont-ils encore sous les tôles ?  

Faune et flore :

Aucune faune particulièrement excitante sur le Ferrando. Concernant la flore, l’épave est située sur un fonds de sable très vaseux. Les algues qui recouvrent le Ferrando sont filamenteuses et ternes. Elles assombrissent l’épave et lui donnent un air triste.

(Le Ferrando éperonné par le croiseur Amiral Cécille)

Le Ferrando gît en plein milieu de la rade d’Hyères, aussi loin des rivages de Giens ou des Salins que de l’île de Porquerolles. Cette particularité n’est pas pour faciliter la prise d’enseignures, possible seulement pas beau temps. Heureusement que le GPS offre désormais la possibilité formelle de se positionner correctement à la verticale de l’épave. Le Ferrando se trouve sur un fond plat de posidonies clairsemées sur un sable vaseux et terne. Une multitude d’obus entoure l’épave, ainsi que beaucoup de tôles éparses. L’envasement est important, le courant en général faible.

L’état du navire est très mauvais : on a beaucoup de mal à distinguer l’avant (peut-être au Nord-Ouest) de l’arrière, et à reconstituer la forme générale du navire, étalé sur le sol sur une largeur de 15 à 20 m, tandis que la longueur des vestiges dépasse 80 m, et leur hauteur atteint 5 m.

L’avant est complètement éclaté, pas d’ancres, pas d’étrave, pas même de treuils, si fréquents sur les cargos. Subsistent seulement des grandes portions des flancs du navire, avec quelques trous de hublots. Les membrures en fer conservent seules une certaine courbure. La cale avant se devine avec beaucoup d’imagination, recouverte de débris métalliques, puis les superstructures centrales gisent sur le côté, le bateau ayant dû lui-même se pencher. Il est difficile d’y pénétrer et on ne peut aller bien loin.

En 1977, la barre à roue subsistait encore, bien mutilée, dans un recoin de ces superstructures. Sinon, le vide règne.

Machines et chaudières ont dû être enlevées ou démolies. De rares hublots s’envasent lentement. Le chargement a débordé de la cale sur le sol et dans l’épave. A ce niveau les vestiges très affaissés dépassent le sol de 2 m tout juste.

La poupe est à peine mieux conservée : le galbe de la coque demeure dans les parties basses sous les tôles écroulées. Le gouvernail est encore là, tordu. Par contre aucune trace de l’hélice. Plus de mâts, plus d’agrès, quelques rares balcons tordus, ni pont en bois, ni barrots en fer.

Réalisation Josian Perea